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Votre pire ennemie n'est pas votre hiérarchie, c'est votre voix intérieure

Dernière mise à jour : 1 août

Femme syndrome de l'imposteur

Le syndrome de l'imposteur a une adresse précise.

La plupart des descriptions le présentent comme un doute diffus, une conviction générale de ne pas mériter sa place. C'est vrai. Mais c'est incomplet.


Dans la grande majorité des cas, il y a une personne derrière. Quelqu'un que vous admirez, dont le jugement compte pour vous, dont l'approbation vous manque ou vous a manqué. Vous la portez avec vous dans chaque réunion importante, chaque prise de parole difficile, chaque moment où vous vous demandez si vous êtes à votre place.


Comprendre qui est cette personne est souvent le premier travail utile.


Le mécanisme concret

Reprenez la dernière fois où vous avez douté de votre légitimité. Avant cette réunion où vous avez hésité à prendre la parole. Avant cette candidature que vous n'avez pas envoyée. Avant cette décision reportée.


Si vous cherchez bien, il y a une présence implicite dans ces moments. Pas forcément quelqu'un dans la pièce. Quelqu'un dans votre tête. Dont vous anticipez le regard, imaginez la réaction, cherchez silencieusement l'approbation.


Je l'appelle le mentor interne. Pas le critique, pas le juge. Parce que ce n'est pas un ennemi. C'est quelqu'un que vous respectez profondément, et dont les standards ont façonné votre façon de vous évaluer.


Ce mentor peut prendre plusieurs formes. Une ancienne manager dont vous avez intégré l'exigence. Un parent dont l'approbation n'a jamais été simple à obtenir. Parfois une figure composite, un standard imaginaire construit à partir de plusieurs personnes admirées et d'injonctions culturelles sur ce que devrait être quelqu'un de "vraiment" compétent dans votre domaine.


Ce qui les caractérise tous : vous ne vous évaluez pas selon vos propres standards. Vous vous évaluez selon les leurs.


Pourquoi cet étalon ne peut produire qu'un sentiment d'insuffisance

Quand le mentor interne est aux commandes, vous ne vous regardez pas telle que vous êtes. Vous vous regardez telle que vous n'êtes pas encore. L'étalon ne mesure pas ce que vous avez accompli. Il mesure l'écart entre vous et quelqu'un que vous n'êtes pas censée être.


Peu importe vos résultats. L'étalon se déplace à mesure que vous avancez. Quand vous atteignez un niveau, le mentor interne pointe vers le suivant. Ce n'est pas de la motivation. C'est un mécanisme d'insatisfaction perpétuelle.


Pourquoi ce mécanisme est plus actif chez les femmes

Le syndrome de l'imposteur touche tout le monde. Mais il est plus fréquent et plus marqué chez les femmes. Une analyse compilant une centaine d'études et près de 40 000 participants l'a établi. En France, les chiffres présentés aux Assises de la parité 2021 de KPMG allaient dans le même sens : 75% des femmes concernées contre 50% des hommes.


Une des raisons tient précisément au mentor interne.


Les femmes évoluent dans des environnements où les figures de référence dans les postes de leadership sont encore majoritairement masculines. Le mentor interne que vous construisez est souvent quelqu'un dont le mode de fonctionnement, la façon d'occuper l'espace, les comportements sont différents des vôtres. Et vous interprétez cet écart comme un déficit personnel, plutôt que comme la différence entre vous et une autre personne dans un autre contexte.


À cela s'ajoutent des messages contradictoires reçus depuis longtemps : ambitieuse mais pas trop, affirmée mais pas agressive, confiante mais pas arrogante. Ces injonctions alimentent le sentiment de ne jamais être tout à fait juste, et donc de ne jamais être tout à fait légitime.


Identifier son mentor interne

La première étape n'est pas de supprimer ce mécanisme. C'est de le rendre visible.

Quand vous doutez de votre légitimité dans une situation professionnelle précise : qui imaginez-vous en train de vous observer ? Dont le regard vous pèse le plus ? Dont la déception vous semble la plus difficile à imaginer ?


Cette personne est votre mentor interne.


Ensuite : qu'est-ce qu'elle représente pour vous ? Quelle qualité, quel niveau d'excellence incarne-t-elle dans votre esprit ? Enfin : est-ce que cet étalon est pertinent pour évaluer ce que vous faites, dans votre contexte, à ce moment de votre trajectoire ? Ou est-ce que vous appliquez les standards d'une autre personne à une situation qui n'a pas grand-chose à voir ?


Ce que "se libérer" veut dire concrètement

Se libérer du mentor interne ne veut pas dire cesser d'admirer des gens. Ça veut dire cesser de les utiliser comme tribunal.


Le mentor interne peut rester une source d'inspiration. Mais il perd son pouvoir de verdict sur votre valeur.


Ce déplacement est plus difficile qu'il n'y paraît. Parce que le mentor interne est souvent lié à des besoins profonds : le besoin d'approbation d'une figure d'autorité, le besoin de prouver qu'on mérite sa place. Ces besoins ne disparaissent pas en les nommant. Ils se travaillent.


Mais les nommer est le commencement. Parce qu'on ne peut pas modifier un mécanisme qu'on ne voit pas. Et la plupart des femmes qui vivent avec un mentor interne exigeant ne l'ont jamais identifié comme tel. Elles pensent simplement qu'elles ne sont pas assez bonnes.


Ce que le coaching change sur ce point

Le travail sur le mentor interne est l'un des axes les plus fréquents dans le coaching que je propose. Pas parce que c'est un travail thérapeutique. Parce que ce mécanisme a des effets directs sur la posture professionnelle : la façon de prendre la parole, de défendre ses positions, de se positionner sur des opportunités.


Quand vous comprenez qui est votre mentor interne et ce qu'il représente, vous pouvez commencer à vous évaluer autrement. À partir de vos propres critères. Dans votre propre contexte. Sur ce que vous faites réellement.


Ce déplacement change la façon dont vous occupez l'espace professionnel. Progressivement, dans les situations concrètes où le doute surgit. Le coaching vous permet de mieux vivre ce syndrome de l'imposteur.

Si vous voulez travailler ce point, je propose un premier échange offert, sans engagement.


A lire cet article qui détaille : Si vous voulez comprendre d'où vient ce syndrome


Anne Sauvaget est coach professionnelle certifiée RNCP et niveau L2 ICF. Après 30 ans dans le secteur du voyage d'affaires Premium VIP, jusqu'à un poste de Global Director d'une entité, elle accompagne aujourd'hui en ligne, partout en France, les femmes managers et entrepreneures qui souhaitent renforcer leur posture et leur légitimité professionnelle. Certifiée SERUM, elle conçoit et anime des bilans de compétences éligibles au CPF.

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